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Le développement durable a trouvé chaussure à son pied

Alors que l’industrie française de la chaussure peine à garder la tête hors de l’eau face à l’impitoyable concurrence asiatique, un petit fabricant des pays de Loire résiste encore et toujours. Créé en 1929, Samson, entreprise de 190 salariés, a doublé son chiffre d’affaire durant ces 15 dernières années.

Est-ce du à leur politique exemplaire et pionnière en développement durable ? Difficile à dire. Mais pour le PDG Bernard Quenehervé, cette philosophie relève tout autant de respect que d’une opportunité à ne pas laisser passer.

bqueneherveQuestions à Bernard Quenehervé

Dirigeants durables : Vous faites du développement durable depuis près de dix ans. Quelles ont été vos motivations de départ ?

Bernard Quenehervé : À l’époque on ne parlait pas encore de développement durable. Mais la motivation première a été la santé de nos salariés. La fabrication de chaussures implique des matériaux à base de solvants, en particulier les colles. Comme certains de nos employés faisaient des allergies, nous avons commencé par mieux évacuer ces éléments nocifs, et fini par utiliser des colles à l’eau. Les chaussures en sont, de fait, plus « écologiques ». Bien entendu, il fallait s’assurer que les colles à l’eau ne soient pas plus chères. Le coût de production est essentiel, surtout dans un domaine aussi concurrentiel que le notre. Tout doit être satisfaisant pour les salariés, la qualité de la chaussure, les coûts de production et enfin pour le bien-être de nos consommateurs. C’est un exemple, mais toute notre démarche d’entreprise est orientée dans ce sens.

Depuis racontez-nous ce que vous avez entrepris…

Nous travaillons également à trouver des cuirs sans chrome et sans éléments pollueurs. Il y a un an, nous avons été audité par notre assureur Generali, qui avait lui-même mis en place le concept « Agir pour notre planète ». Nous avons été la première entreprise de France certifiée par Generali. Autre exemple, nous faisons des chaussures avec des semelles en hévéa pur, autrement dit en caoutchouc naturel. Toutes ces améliorations demandent du temps. Nous fabriquons 2500 paires de chaussures chaque jour. Trouver les matières premières pour faire des souliers de bonne qualité, à prix égal, tout en améliorant l’aspect écologique, c’est impossible du jour au lendemain.

Vous tenez à associer vos salariés dans cette démarche de développement durable…

Oui. Quand je suis arrivé à la tête de Samson il y a 16 ans, nous avons mis en place la certification iso 9001, moins pour la qualité des produits qui était déjà là que pour sensibiliser le personnel à travailler en équipe. Il nous paraît essentiel de sensibiliser nos salariés à ces enjeux, car ce ne sont pas de objectifs que l’on peut atteindre seul. Nous avons mis en place des groupes de travail -dans lesquels nos employés sont extrêmement impliqués- pour rendre notre usine non polluante. Et puis, les économies d’eau, de papier et d’énergie qu’ils font dans l’entreprise, ils les reproduisent le soir chez eux.

Vous faites aussi des chaussures éco conçue…

Nous avons eu la chance de bénéficier du programme Ecofaire organisé par le Conseil Régional du Pays de Loir et l’Ademe dans le but de mettre en place ce type de filière. Pour concevoir ces chaussures éco conçue nous travaillons avec le cabinet O2 France. C’est une démarche assez complexe qui ne peut pas se faire du jour au lendemain, car nous commençons depuis nos fournisseurs de matières premières jusqu’au bout de la chaîne. Une de nos exigences est de ne pas augmenter le prix du produit, chose que nous ne pouvons absolument pas nous permettre dans le contexte actuel.

Effectivement, alors que l’industrie de la chaussure est en pleine crise depuis quelques années, Samson continu son expansion ?

C’est vrai qu’il reste de moins en moins de fabriquant de chaussure français aujourd’hui. Il est de plus en plus dur de rester compétitif face à la déferlante asiatique qui propose des chaussures deux fois moins chères que nous. La créativité, la qualité et le service au client sont des arguments à mettre en avant. Nous développons ces valeurs depuis longtemps et aujourd’hui viennent ce greffer celles du développement durable et de l’écologie.

Jugez-vous que le développement durable vous amène un avantage concurrentiel et une valeur ajoutée, en bref, qui rend viable votre entreprise ?

Pas dès aujourd’hui. En revanche, à terme c’est certain. Je suis persuadé que dans les années à venir on parlera de relocalisation. Dans le secteur de la chaussure, les coûts de fabrication en Chine augmentent déjà de 10% à 15% par an, sans parler du transport. Une chaussure est un produit léger qui prend beaucoup de volume. Nous allons bientôt nous retrouver avec des souliers qui coûteront plus cher en transport qu’en production.

Que pensez-vous de l’engouement pour le DD aujourd’hui ? Quelles sont vos attentes et vos craintes ?

D’accord c’est une mode, mais il s’agit aussi d’une réelle prise de conscience. Il nous faut utiliser ces arguments en notre faveur pour continuer à exister face à la concurrence. Nous aurions tort de ne pas les faire valoir. 
Propos recueillis par Caroline Dangléant

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