L’audace au service du developpement durable

Sine en latin veut dire sans. Rajoutez un -o à la fin et vous obtenez Sineo. Sans eau, c’est comme ça qu’Olivier Desurmont a décidé de laver des voitures.

Il a perfectionné cette méthode de nettoyage pour la rendre efficace et écologique. Depuis qu’il a 18 ans, ce chti originaire de Roubaix veut créer sa propre entreprise. Après des études de gestion et d’informatique, il travaille durant trois ans chez Suez. C’est en janvier 2004 qu’il découvre le nettoyage automobile sans eau mais la technique et les produits ne sont pas encore au point. Olivier voit là une aubaine : « Il y avait tout à améliorer ! » Il démissionne, retourne chez ses parents et crée Sineo en août 2004. Pendant un an, il s’entraîne au lavage d’autos dans son quartier et teste de nombreux produits. Comme aucun ne le satisfait, il contacte un laboratoire de chimie verte pour faire fabriquer le produit idéal. Après 7 rendez-vous, le directeur se prend de sympathie pour Olivier et finit par accepter. L’activité commerciale de Sineo démarre en avril 2005 à Lille. Commence alors un succès fulgurant et surtout un modèle de développement durable.

olivier desurmontQuestions à Olivier Desurmont

Dirigeants Durables : Parlez nous de vos efforts pour préserver l’environnement ?

Olivier Desurmont : En 2006, sur le site de Lille on a économisé environ 10 millions de litres d’eau par rapport à des techniques conventionnelles. Le nettoyage au jet haute pression utilise 150 L/véhicule, les rouleaux : 100 L/véhicule et le système Sineo seulement 2L/véhicule. Dans ces deux litres, on inclut même la consommation d’eau de la personne qui nettoie.
En outre, nos produits sont 100% biodégradables. Généralement quand on parle d’un produit ménager biodégradable, cela concerne seulement les tensioactifs, c’est à dire environ 50% du volume. Les produits Sineo sont les seuls en Europe à être biodégradables sur 100% de la formule. Je les ai même déjà bus, mais c’est vraiment dégueulasse !
Le dernier point est la maîtrise de nos déchets puisque nous utilisons des lingettes tissées en microfibres qui sont nettoyées et réutilisées pendant 4 mois.
En deux ans, nous avons gagné quantité de prix sur l’environnement et nous sommes la première entreprise de nettoyage automobile au monde à être certifiée iso 14001. C’est génial !

Avez-vous toujours eu une sensibilité écologique ou était-ce surtout parce que le marché s’oriente de plus en plus dans cette direction ?

Je pense que les gens de ma génération ont été élevés là-dedans, depuis tout jeune j’entends parler de respect de l’environnement. Cependant, je ne pensais pas en faire mon métier.

Le groupement des plus grandes entreprises du Nord, Alliances, a récompensé Sineo pour ses efforts environnementaux et sociaux. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre démarche sociale ?

Je ne communique pas beaucoup là-dessus parce que je n’ai pas envie de présenter mes employés comme des bêtes de foire ! Les salariés de Sineo sont des chômeurs de longue durée, des travailleurs handicapés, des Rmistes, des SDF. L’objectif c’est de les embaucher  et de leur réapprendre les valeurs du travail : ponctualité, respect des consignes, etc.
Nous les aidons également sur des problèmes de logement, de surendettement, pour avoir des micros crédits, mais aussi sur du suivi psychologique. Un encadrant social est là pour repérer les problèmes et orienter les personnes vers des cellules compétentes.
Ensuite, on tient compte du fait que la plupart des gens n’a pas envie de passer sa vie à nettoyer des voitures. L’objectif est donc de définir avec le salarié son projet professionnel. On les aide pour les CV, les lettres de motivations, les entretiens d’embauches et l’accès à la formation. Ça fonctionne hyper bien puisque 80% des salariés nous quittent pour un CDI dans un secteur qu’ils ont choisi. Certains sont devenus : assistante maternelle, gendarme, ébéniste, plombier, luthier ou brancardier. Ça fait plaisir.

Sineo se développe à une allure folle depuis le début…

Oui. J’ai démarré seul en avril 2004. En juin, nous étions déjà 7. Deux ans après, le site de Lille compte 50 employés !
Et puis, dès la fin 2005 j’étais submergé de demandes de franchises. Il a fallut que j’apprenne le métier de franchiseur, j’ai su m’entourer de dirigeants qui pouvaient me conseiller. Après avoir rédigé une bible de 400 pages sur le sujet, j’ai ouvert ma première franchise en septembre 2006 à strasbourg. Depuis il y a des Sineo à Bordeaux, Toulouse, Lens, Amiens et Tours. D’ici la fin de l’année, 7 nouveaux magasins vont voir le jour. Actuellement, nous en sommes à 500 demandes de franchises reçues dont une cinquantaine à l’étranger.

Votre modèle social est-il aussi repris dans vos franchises ?

C’est une obligation. J’ai refusé des gros chèques de gens qui ne voulait pas s’encombrer de cet aspect. À l’étranger, l’enjeu est d’adapter le projet social parce que les problèmes ne sont pas forcement les mêmes. Au Maroc par exemple, il a 70% de travail au noir, chez Sineo les salariés seront tous déclarés, ils auront un compte en banque ouvert et bénéficieront d’une couverture sociale universelle.

Avez-vous le sentiment que les clients sont sensibilisés au nettoyage écologique ?

C’est une vraie demande pour seulement 10 ou 20% d’entre eux. En revanche, je sens nettement que les choses bougent, surtout dans les administrations publiques et les gros groupes qui doivent de plus en plus rendre des comptes sur les actions pour l’environnement.

Que souhaiteriez-vous changer en priorité dans notre société ?

J’ai encore des problèmes avec certains clients qui ne veulent pas « d’Arabe » chez eux.  J’aimerais vraiment qu’on en termine un bonne fois pour toute avec ce type de discours. On tourne en rond depuis quelques années avec ces histoires-là !

Que pensez-vous de l’engouement, depuis quelques années, pour le concept de developpement durable ?

C’est super. J’espère simplement que les enjeux financiers ne prendront pas le pas sur la volonté d’action. Une petite anecdote : certains clients font appel à nous pour des opérations presse, comme le lancement d’une nouvelle voiture. Ils nous apprécient pour le côté pratique, puisqu’on peut laver l’auto n’importe où. Au début, on devait partir quand les journalistes débarquaient. Maintenant, les responsables communication nous utilisent comme argument commercial. Cela dit, je n’ai rien contre parce que l’action est tout de même présente.

Propos recueillis par Caroline Dangléant

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